Péripéties dans le Tarn

Publié le par Juloz

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En consultant la fiche de registre matricule d'Urbain, mon AAGP, il est indiqué que ce dernier réside à Mazamet dans le Tarn.
 

Péripéties dans le Tarn

Etant né en 1856 à Montauban dans le Tarn et Garonne, je me suis posé la question : "Mais qu''est-il allé faire au fin fond de ce département en 1876 ?", sa mère étant originaire de Castelnau Montratier dans le Lot (mais celle-ci a bien voyagé aussi dans la région, entre Cahors, Puy L'Evèque et Montaigu de Quercy dans le Tarn et Garonne).
Il est vrai qu'à l'époque, Mazamet était en train de devenir la capitale mondiale du délainage et que la demande de main-d'oeuvre était conséquente.
En effet, au milieu du XIXème siècle, malgré sa situation géographique défavorable, la petite ville créa cette activité originale qui lui permit d'établir des liens commerciaux nationaux et internationaux jusqu'en Amérique du Sud et même en Nouvelle Zélande !

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Mon AAGP a commencé comme garçon coiffeur à Montauban, confirmé par le recensement de 1872 à l'âge de 16 ans comme "perruquier" (!). Enfant "naturel", il ne vivait pas chez sa mère mais dans la famille de Raymond DAUBANNES, cordonnier, avec sa femme Marie LAPOUJADE, bordeuse de souliers, et leur fille Pauline.

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On peut penser que, attiré par ces nouveaux arrivants, Mazamet pouvait devenir un marché prometteur pour couper barbes, moustaches et cheveux de ces messieurs.
A moins que ce ne soit par choix familial...? A-t-il suivi sa mère ou une de ses deux demi-soeurs qui se seraient installées sur place ?
Une des réponses à ces questions était donc de consulter le recensement de Mazamet sur cette période, ici 1876...sauf que ces documents ne sont consultables qu'en salle de lecture aux Archives Départementales d'Albi :

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Habitant à Nantes, ce n'est pas la porte à côté, et du coup, je repoussais toujours et toujours ce voyage.

Sauf qu'il y a quelques jours, me rendant à un évènement familial sur la côte d'Azur, j'ai enfin pu planifier un petit détour de quelques jours dans le Tarn ! (au passage, je vous conseille Airbnb pour loger à petits prix chez l'habitant ;-)
Les AD81 n'ouvrant que le lundi à 13h30, j'ai pu visiter la veille la magnifique ville d'Albi, dont la fabuleuse cathédrale en briques rouges et le palais épiscopal de la Berbie sont labellisés UNESCO.

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Les Archives sont situées dans le nord de la ville, à 15 minutes à pied seulement du centre, dans un bâtiment moderne et confortable.

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Le temps de finaliser l'inscription pour obtenir ma carte de lecteur, je file tout droit sur un poste informatique pour enfin consulter le document convoité...

Résultat de la recherche => "recensements de 1921 à 1975 disponibles"
Comment ?
Pardon ?
Quoi t-est-ce ?
M'enfin !?
Qu'est-ce que cela veut dire ?

Je pose la question à la présidente de salle. "Oui, c'est curieux, me dit-elle. Attendez, je vais voir avec vous." Même résultat de recherche, même constat...Elle téléphone à un de ses collègues dans les bureaux, avec qui je dialogue aussi un petit moment pour expliquer la situation, puis il finit par venir me voir en salle :
"Effectivement, les recensements antérieurs à 1921 ne sont pas accessibles car le département a éliminé la série des listes de la Préfecture jusqu'à celles de 1921 incluses. Pour vos recherches, il faut aller aux archives municipales de Mazamet qui ont conservé leurs copies !"
ZUT !!!!!
Ce monsieur m'aide quand même à consulter les demandes de passeport sur cette période, espérant peut-être voir celui de mon AAGP...mais rien.
Entre temps, j'ai pu appeler la Maison des Mémoires à Mazamet en cherchant sur mon smartphone le numéro de téléphone : un répondeur indique que "les archives sont ouvertes du mardi au vendredi et uniquement sur rendez-vous..."
Grrrrr !!! Une journée de perdue !
Prenant mon mal en patience, je laisse quand même un message avec mes coordonnées sur ce répondeur pour finaliser un possible rendez-vous le lendemain.

Soumettant mon problème à l'accueil, on me montre sur un écran qu'effectivement, il existe une liste des fonds disponibles indiquant où sont disponibles les listes de recensement dans les mairies du département, mais ce lien n'apparait pas sur leur site internet à la page consacrée au listes nominatives. Sur un ton cordial et compréhensif, je me suis permis d'expliquer mon problème et qu'il serait judicieux de faire un rectificatif afin d'éviter les mêmes déconvenues pour d'autres visiteurs hors-département...
Je me dis aussi que j'aurais dû (pû ?) téléphoner avant pour une ultime vérification...


Mardi matin, après le petit-déjeuner, je file vers Mazamet où j'arrive vers 08h30, tant qu'à faire si je peux y aller dès le matin. Tiens ? Mon téléphone sonne avec un numéro local. Je réponds. C'est Vanessa des archives de Mazamet qui me propose qu'on se rencontre pour 14h00.
Bon. Ca me laissera le temps de visiter un peu cette bourgade où mon AAGP a peut-être traîné les pieds
, et en plus, c'est le jour du marché ! On entend des ''putaing, con !'' toutes les deux minutes ;-)

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A l'heure du rendez-vous, Vanessa me reçoit au 2ème étage de cet ancien hôtel particulier où sont conservées les archives de la ville et où on peut également visiter le Musée du Catharisme. L'endroit est accueillant et tranquille. Je serai le seul visiteur cet après-midi-là.
Arrive enfin le fameux grand livre du recensement de Mazamet en 1876 ! 14 000 habitants environ dont il faut lire le nom un à un, la ville étant beaucoup plus peuplée à l'époque que maintenant.

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Je m'applique à poser mon doigt sur chaque nom pour être sûr de ne rien rater, l'excitation étant à son comble, je sais que je n'ai pas droit à l'erreur car je n'ai que 3 heures devant moi et que je ne retournerai pas de sitôt dans cette ville, devant partir le lendemain sur la côte d'Azur...

 


Au bout d'1h15, rien. Pas d'Urbain coiffeur à Mazamet. Allez ! Je recommence ! Et me voilà à refaire, page après page, la même recherche, me concentrant cette fois-ci sur l'âge des habitants et leur profession.
Toujours rien ! Je commence sérieusement à me poser la question si cette information de résidence à Mazamet est une erreur de l'administration militaire !
Allez, je me refais tout le registre et je demande en même temps à consulter celui de 1872, on ne sait jamais. Il aurait pu être recensé une fois à Montauban, et peut-être à Mazamet en même temps, tout est possible !
17h00. Zéro information. Je suis déçu, bien sûr. Je remercie Vanessa pour son aide et ressors du bâtiment. Passionné d'histoire, j'aurai bien voulu visiter Hautpoul, le repaire cathare dans la montagne face à la ville (mais pas le temps), ainsi que le musée consacré mais il était trop tard car il fermait aussi...

En plus d'avoir soumis mon problème à l'accueil des AD81, je m'étais permis d'envoyer un mail récapitulant ce qu'il m'était arrivé et de proposer à ce qu'ils modifient leurs informations.
Je reçois le lendemain un mail de Jean LE POTTIER, directeur des Archives Départementales : "Merci de nous signaler cette fâcheuse ambiguïté de notre site Internet, et merci par ailleurs de votre indulgence. Nous allons modifier sur ce point l'indication de notre site. Il aurait fallu dire que les listes "que nous possédons" sont consultables en salle de lecture (...)"


En conclusion, même si je n'ai pas trouvé mon Urbain, je ne regrette pas d'être venu dans cette région de la Montagne Noire que je ne connaissais pas, dans ce département du Tarn où je pense quand même, au fin fond de moi, que mon AAGP Urbain a vécu quelques années de sa vie avant d'effectuer son service militaire de 5 ans, puis de finalement s'installer à Tours (Indre et Loire) en 1882 et où il ouvrira son salon de coiffure en 1883.
 

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