P comme...Pauline Hébrard - Challenge AZ 2015

Publié le par Juloz

P comme...Pauline Hébrard - Challenge AZ 2015

comme...Pauline Hébrard

C'est la première femme de mon bisaïeul Urbain, celui qui est né à MONTAUBAN (voir ici).
Elle est née le 26 février 1860 à TOURS, de Paul HEBRARD, serrurier, et d'Alix Rosalie COCHONNEAU, couturière.

 

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Si sa mère, née le 09 novembre 1836, est une vraie tourangelle comme elle ; son père est lui originaire de PUYLAURENS dans le Tarn où il est né le 31 janvier 1827 avec sa soeur jumelle Catherine.

 

signature de Paul Hébrard

Il fait un premier mariage le 21 avril 1852 à Tours avec Françoise Marie CHAMPIGNY, née le 02 janvier 1818 à SAINTE MAURE DE TOURAINE. Elle est épicière. Mais cette dernière meurt 4 ans plus tard le 10 septembre 1856 à Tours. Il se marie donc en secondes noces moins de 7 mois plus tard, le 27 avril 1857 avec Alix Rosalie COCHONNEAU, née à Tours le 09 novembre 1836.
Fraîchement arrivé à Tours en 1882 après son service militaire de 5 ans, mon AAGP Urbain ne connaissait que le salon de coiffure de Paul TESSIER situé au 5 de l'avenue de Grammont où il est embauché en tant qu'ouvrier-coiffeur : il a pu donc se rapprocher plus facilement de Pauline dont le père était né dans le Midi comme lui.
Paul HEBRARD est mort jeune à 38 ans le 22 avril 1865 à Tours. Pauline a alors 5 ans...

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Le 25 mars 1883, Urbain entre en possession de son bail du 40 rue de Sébastopol, un bail de 9 ans finalement signé le 11 juin 1883 via un acte sous seing privé auprès de l'abbé Pierre BARANGER, un prêtre habitué demeurant 1 Rue Manceau à Tours. Un prêtre habitué est un prêtre n’ayant pas de charge ni de dignité dans une église, mais reste cependant employé au service de la paroisse. On dit aujourd’hui "vicaire auxiliaire".
Le montant du bail est de 580 francs par an.
C'est là, au rez-de-chaussée qu'il va ouvrir son salon de coiffure et y demeurer avec sa future femme.
J'ai retrouvé cet acte aux Archives Départementales d'Indre et Loire :

 

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L'immeuble existe toujours dans la même rue mais le bâtiment a été remanié et il n'y a maintenant que des appartements. On peut imaginer facilement cette rue très commerçante à l'époque, où ces messieurs allaient se faire une petite coupe et se faire tailler la barbe ou la moustache.

40 rue de Sébastopol à Tours, de nos jours. (cliquez pour agrandir)

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Urbain et Pauline se marient rapidement à Tours le 17 mars 1884, un contrat de mariage étant signé le 13 mars précédent auprès de Maître MORIN, notaire à Tours. Je l'ai retrouvé aux AD 37 :

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Ce contrat est important pour la suite de l'histoire...
Le couple s'installe dans le petit appartement attenant le salon de coiffure, en compagnie de Rosalie COCHONNEAU, la mère de Pauline.
De leur union naît Emilie Alix le 03 février 1885 (j'en ai parlé ici).
Mais le malheur s'abat sur cette petite famille moins d'un an plus tard : Pauline meurt seulement 15 jours après peut-être son accouchement qui a dû être difficile. Emilie Alix la suit dans l'au-delà 4 mois plus tard.

On arrive donc là où mon billet de blog est intéressant car j'ai aussi pu retrouver aux AD
l'inventaire complet des biens du couple, daté du 26 avril 1885 fait dans l'étude du même Mr MORIN, après le décès de Pauline.
Ce document incroyable nous permet de nous replonger dans le quotidien de la fin du XIXème siècle !

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Voici une transcription partielle de la partie la plus intéressante :
"Dans un petit salon éclairé à l'ouest sur la rue : une armoire à glace en noyer, un fauteuil Voltaire en noyer, un guéridon en noyer, une machine à coudre de la fabrique Singer, une garniture de cheminée composée d'une glace et de deux candélabres en zinc.
Dans une petite chambre au levant : un lit de fer avec un sommier, un matelas, un traversin, deux oreillers courtepointe, une descente de lit, une table de nuit en noyer avec dessus de marbre.
Dans une petite cuisine à côté : un tour de lit avec baldaquin, une courtepointe et un fourneau en fonte, 10 draps, 12 serviettes, une nappe, 36 torchons, 6 taies d'oreiller, un lot de vaisselle comprenant une batterie de cuisine et différentes poteries et verreries, un petit fut contenant environ 20 litres de vin rouge et un lot de "capelages" (?).
Garde robe : 12 chemises, deux robes, quatre jupons blancs et de couleur, un vêtement, un lot de cote à manche, une douzaine de paires de bas, deux paires de chaussures, deux chapeaux et une paire de boucle d'oreille en or.
Dans un magasin éclairé au couchant sur la rue : trois glaces, deux fauteuils, six chaises cannées, une console en acajou avec dessus de marbre, un petit comptoir en bois peint avec dessus de marbre, un grand lavabo en acajou avec robinet à bascule, une table en bois blanc, un séchoir, un escabeau, un poêle en fonte, deux marchepieds en fonte, un casier pour
, un lot de flacons entamés, deux tableaux chromolitographiés, 4 peignoirs, 120 serviettes, un lot de brosses, peignes, rasoirs, ciseaux, fers à friser et divers autres objets sans valeur.
Marchandise : 24 savons, 24 flacons de vinaigre, odeurs et essences diverses, 1 kg d'épingles à cheveux, six pots de pommade, six "nattes" (?)"

Une amie artiste, Fabienne Messineo, a effectué pour moi un rendu en dessin, voici le résultat pour le salon :

 

© Fabienne Messineo / cliquez pour agrandir

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=> Pour découvrir d'autres créations que fait Fabienne, cliquez sur ce lien.

Pauline était modiste : elle confectionnait et vendait des chapeaux pour femmes.


« Modelès de Madame Carlier 1897 » par "Casimir"
Cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis sous le numéro d’identification ppmsca.02905.

Ce métier était beaucoup pratiqué par les femmes au début du XXe siècle, grande période de la mode du chapeau.

Voilà le court destin de cette jeune fille du XIXème siècle qui a passé quelques années avec mon AAGP Urbain, mais qui ne sera jamais oubliée et qui restera dans nos mémoires grâce à la généalogie...

A demain pour la lettre "Q" ! ;-)

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