O comme...Officialisation / Challenge AZ 2017

Publié le par Juloz

O comme...Officialisation / Challenge AZ 2017

Retrouvons pour notre trouvaille du jour notre bon curé FERRAND de Leugny en nord Poitou, sur les bords de la Creuse.
Notre très prolixe prêtre rédige le 27 juillet 1788 dans le registre paroissial le déroulement de la petite cérémonie de réception et de serment d'une femme, Louise BEAUVAIS certifiée tout récemment pour exercer comme sage-femme :

Transcription :
"Le vingt sept juillet l'an mille sept cent quatre vingt huit Louise Beauvais femme de Jean Doury, journallier, demeurant en cette paroisse au village de Nassé a été reçüe pour exercer l'office de sage femme, étant munie de son certificat d'études pour avoir assisté pendant cinq semaines aux leçons de mr Maury démonstrateur des accouchements à Poitiers, ledit certificat datté du vingt un de ce mois, signé Maury, et vu par messieurs Delafaire, La Marque, le baron de Lézardière membres de la commission intermédiaire provincialle de Poitiers, signé d'eux et de mr Thibaudeau greffier. La ditte Louise Beauvais femme dudit Jean Doury a fait conséquemment serment entre mes mains cejourd'hui à l'issüe de la messe paroissialle suivant la forme prescrite dans le rituel de ce disocêse, et cé en la présence de S[ieu]r Antoine Dubois sindic de cette paroisse, de S[ieu]r François Mocquet fermier de la Seigneurerie de Leugny et Joachim Boileau tous les deux fabriciers de cette église, d'Antoine Dubois le jeune sacristain, Jacques Gabillon, René Bernier, Louis Terrassin et Jean Berger, en foi de quoi nous avons signé le présent acte les jours et an que dessus. Ferrand curé de Leugny"

J'apprends donc par ce document que les sage-femmes de l'Ancien Régime avaient une formation de 5 semaines pour passer le diplôme de sage-femme !
A ce sujet, je vous recommande la lecture de ce billet par Hélène LOCHEY "Etre sage-femme au 18e siècle", très bien documenté.

Le mot "fabriciers" m'interpelle également : qu'est-ce donc cette profession ?
Une définition sur wikipedia m'en apprend un peu plus :
"La fabrique d'église, au sein d'une communauté paroissiale catholique, désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs) nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l'administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l'entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse : église(s), chapelle(s), calvaire(s), argenterie, luminaire(s), ornement(s), etc.. Le terme « Fabrique d'Église » désigne à l'origine une assemblée de clercs auxquels se sont ajoutés, depuis le Concile de Trente (1545-1563), des laïcs, chargés de l'administration des biens de la communauté paroissiale. 
Les membres du conseil de fabrique sont donc des administrateurs désignés plus spécifiquement par les termes de marguilliers ou de fabriciens (fabriciers).
Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l'église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçu annuellement à date fixe) pour la fabrique."

A lundi pour la lettre " P " !
;-)

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