V comme Victoire ! - [Hommage à Haï David Alimi]

Publié le par Juloz

Comme chaque lundi de ce Challenge AZ 2018, voici le 4ème et dernier hommage à un de mes arrière grand-père ayant participé à la Première Guerre Mondiale.
Aujourd'hui, Haï David ALIMI.

Il est né le 11 juin 1878 à Aïn Beida, en Algérie (période française)

Appelé quotidiennement David, il est le fils de Raphaël (1855-1892), un négociant juif, et de Rosa GUEDJ (1854-?), ménagère de son état.

Il a trois sœurs :
- Beya (1881-1977) 
- Rachel (1884-?)
- Fanida Louise (1888-1978) 


Fils aîné de veuve (son père meurt très tôt à l'âge de 36 ans), il bénéficie d'une dispense liée à l'article 21 de la loi du 15 juillet 1889 (uniquement appliquée aux soldats des classes 1890 à 1904) qui autorise, en temps de paix, le retour au foyer au bout d'un an.
Il effectue donc son service militaire au sein du 3ème Régiment de Zouaves du 14 novembre 1899 jusqu'au 25 octobre 1900.
Il participe également à des exercices du 14 septembre au 10 octobre 1903 et du 08 au 24 septembre 1908.


Entre temps, il se marie à l'âge de 28 ans à Aïn Beida le 27 juin 1906 avec Rachel BARKAT (âgée de 22 ans), mon arrière grand-mère, fille d'une grande famille juive propriétaire d'une banque assez réputée dans la région. 
La légende familiale raconte que cette banque a fait faillite et que l'un des fils est parti avec la caisse au Maroc ou en Amérique du Sud, laissant les autres dans le dénuement le plus total...
D'ailleurs, une autre légende familiale dit que cette famille voyait d'un très mauvais œil l'histoire d'amour entre David, le petit négociant sans le sou et Rachel, la petite dernière de la famille, issue d'une classe sociale plus élevée...
En fouillant sur le net, j'ai pu mettre la main sur un document évoquant la dissolution d'une banque BARKATTE en 1890 :

Reste à savoir si je découvrirai un jour la vérité sur cette histoire !

Le couple ALIMI/BARKAT aura en tout 8 enfants entre 1907 et 1923 !!!

Quand la mobilisation générale est lancée en France métropolitaine et dans les colonies, il est rappelé le 02 août 1914 et arrive à son corps le 05 suivant : il reste en Algérie jusqu'au 25 janvier 1917.
Il est ensuite transféré au Dépôt Service Automobile à Orléans !
Une information étonnante car je n'avais aucune idée que mon arrière grand-père avait foulé le sol métropolitain !
Le 18 mars 1917, il passe alors au 20ème Escadron du Train PAOV, le 02 novembre 1918 au 19ème Escadron et de nouveau au 20ème le 12 novembre suivant, soir le lendemain de l'Armistice.

Il est démobilisé le 17 janvier 1919 en intégrant la réserve de la 11ème compagnie du 5ème Escadron du Train basé à Constantine.

Il reçoit à une date qui m'est inconnue la médaille Commémorative de la Grande Guerre

Exemple recto et verso de la médaille Commémorative de la Grande Guerre
Exemple de diplôme de la Médaille Commémorative de la Grande Guerre

Malheureusement, la médaille de David n'a jamais été retrouvée dans les archives familiales. Il se peut qu'elle prenne la poussière dans un carton ou un tiroir de lointains cousins...

Je n'ai ensuite que très peu d'informations sur lui, la mémoire familiale a été interrompue...
Par sa fiche de registre matricule, je sais qu'il était négociant.
Après avoir questionné des cousins éloignés avec qui j'ai pu reprendre contact, je sais qu'il était également écrivain public et même crieur de rue !
​​​​​​​En faisant des recherches sur le net, j'ai effectivement eu la chance de trouver la confirmation de cette activité hors du commun en consultant le site de Georges Coppolani sur ses souvenirs d'enfance dans cette ville :
" Au coin de rue de Batna, apparaissait quotidiennement, le père Halimi [Alimi - ndlr], l'afficheur public.
Petit homme vêtu de kaki, portant une casquette à la visière pliée en bec, il battait son tambour de quelques coups en marchant.  
Arrivé au milieu de la chaussée, il exécutait plusieurs roulements pour attirer l'attention, et provoquer un rassemblement, poussait un fort "Avis à la population!", et lisait un texte dont l'écho se perdait à partir du second rang de l'attroupement.
Sa prestation se terminait par un dernier roulement, et il reprenait son chemin, accompagné de gamins heureux de participer à une telle parade, dont les étapes faisaient le tour du village." 

Retrouver la date de son décès n'a pas été une mince affaire...
Je ne connaissais sa date de naissance qu'avec sa fiche de registre matricule : en effet, les archives sont lacunaires pour Aïn Beida aux Archives Nationales d'Outre Mer (ANOM) car elles font partie du 1/3 des archives qui n'ont pas été microfilmées après l'indépendance. Elles sont donc toujours sur place.
Grâce à un groupe Facebook algérien, j'ai pu entrer en contact avec une personne qui avait accès au réseau interne de l'État Civil en Algérie. Après lui avoir fait ma demande, il a effectué les recherches et a trouvé la mention marginale de son décès sur la copie informatique de son acte de naissance en 1878 !
Bingo !
Je sais alors que le 27 novembre 1941, il décède dans sa maison d'Aïn Beida à l'âge de 63 ans.
 
En tentant le tout pour le tout, je décide d'envoyer une demande de copie au Service Central de l'État Civil, basé à Nantes (la requête se fait uniquement via leur site web).
Et re-bingo !! Je reçois contre toute attente une réponse positive ! Les archives ne sont pas si lacunaires que ça !
Le SCEC m'envoie 3 jours plus tard le fameux document !

Par le même biais, j'avais fait la demande à cette même personne "infiltrée" dans le réseau informatique algérien pour le décès de mon arrière grand-mère.
Re-re-bingo !!!
Je découvre alors qu'elle décédera quelques années plus tard à Constantine le 1er novembre 1945

Il y a quelques années, j'ai découvert une photo de mon arrière grand-mère Rachel BARKAT que ma mère gardait précieusement depuis longtemps et que je n'avais jamais vue !
Et il y a de cela 2 ans, en visite chez des cousins éloignés, j'ai également découvert une vieille photo abîmée de David, mon arrière grand-père !
Les voici enfin réunis sur un montage photo personnel :

 

Publié dans ChallengeAZ

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