Edouard Sempé, Vice-consul de France à Veracruz / épisode #2

Publié le par Juloz

[Édouard SEMPÉ, 34 ans, est nommé le 1er août 1869 chancelier substitué à Veracruz au Mexique par le Département des Affaires Étrangères de Napoléon III. Il était auparavant agent consulaire à Jicaltepec, petite colonie française installée plus au nord depuis plusieurs dizaines d'années - Ceci est sa correspondance avec Ernest BURDEL, alors Consul de France basé à Mexico]

Vera Cruz, le 18 août 1869
Monsieur,
Je vous transmets sous ce pli les documents dont suit l'énumération, à savoir :
1/ un récépissé d'acte judiciaire par m Itier
2/ un récipissé d'acte judiciaire par m Joseph Casaurannes
3/ une expédition de l'acte de décès de m Jacques Lagarde

Comme établit l'inventaire dressé par ce consulat à la date du 16 7bre 1869, m Lagarde n'a laissé qu'une malle contenant des effets (linge de corps), une montre et quatre piastres soixante neufs cents en espèces.
Le montant de deux dépôts existant à ce jour dans la caisse de cette chancellerie, va être transmis au Ministère des Affaires Étrangères par le prochain packet anglais.
J'ai trouvé dans les casiers de mon bureau une demande de renseignements sur divers adressée par le Ministère à la légation de France à Mexico et transmise par vous à m E. Itier.
Impossible de rien découvrir sur les noms que mentionne cette note. La seule déclaration que je me trouve à même de fournir à l'égard d' Hévin (Louis-Auguste-Vincent) et de Jean-Baptiste Vaccaro, décédés les deux à Jicaltepec c'est qu'ils n'y possèdent absolument rien. Toute démarche des intéressés ayant pour objet la recherche de leur succession resterait à mon avis sans résultat.
M Camille Castagné qui gérait le vice-consulat de Jicaltepec à l'époque de la mort des sus-nommés a dû envoyer en temps opportun les documents qui pussent être de quelque intérêt pour leurs familles.
Quant à m Joseph-Léonce Husson d'Oisy, je n'ai pu trouver d'autres renseignements que ceux déjà fournis par m A. du Courthial = depuis la fameuse expédition du vapeur "Neptune" à bord duquel s'était embarqué m d'Oisy, on n'a plus entendu parler ni de lui, ni d'aucun des matelots qui composaient l'équipage. Il ne peut plus y avoir de doute sur la perte du bateau. Il a péri corps et bien en pleine mer.
Je regrette de n'avoir pu vous seconder comme je l'eusse désiré, dans la recherche des personnes que désigne votre note et j'espère être plus heureux à la prochaine occasion.
Ste Rose auquel j'ai communiqué votre réponse m'a prié de le prendre à mon service. Ayant besoin d'un domestique mâle, j'ai consenti à accédé à sa demande et il se trouve actuellement en mon domicile où je le garderai jusqu'à ce qu'il puisse se rembarquer pour St Thomas.
Avant de terminer cette lettre, permettez moi, monsieur, de vous demander un renseignement qui m'intéresse ?
Outre ses appointements de chancelier-substitué, mon prédécesseur, m J. Lagarde recevait encore ses émoluments de commis du consulat, soit 250 francs par mois. Dans la dépêche m'annonçant ma nomination, le Ministre des Affaires Étrangères ne me parle point de ce traitement de commis. Je désirerais savoir si, d'après les règlements, le traitement de 1er commis est alloué au chancelier-substitué en sus de ses appointements ou bien, si par cette allocation de 250 frs par mois, le Ministre avait par exception fait fléchir la règle en faveur du dit M Lagarde.
Les appointements de chancelier-substitué, même réunis à ceux de 1er commis de consulat, sont forts loin d'être superbes, et si l'on ne m'accorde pas les avantages pécuniaires dont jouissait l'ancien titulaire, il me sera impossible, je ne dis pas de vivre honorablement, mais de subvenir aux premiers besoins de ma famille.
L'entretien est fort cher à Veracruz et les frais de logement sont énormes.
Excusez-moi, monsieur le Consul, si je me suis permis, sans avoir l'honneur de vous connaître, d'abord une question étrangère au service
et veuillez agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués.
Édouard Sempé

P.S : j'ai payé pour affranchissement de lettres à votre adresse (sans compter celle-ci) jusqu'à ce jour, 19 août 1869, $1-7cts

Source : Centre des Archives Diplomatiques de Nantes - Ministère des Affaires Étrangères / cote 432 PO/1/124

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