J comme...(St) Just-en-Chevalet / Challenge AZ 2017

Publié le par Juloz

La trouvaille du jour nous amène dans le département de la Loire à Saint-Just-en-Chevalet.
Dans ce village situé au coeur du pays d'Urfé, dans les monts de la Madeleine
, à mi-distance entre Clermont-Ferrand et Lyon, est né le 26 février 1819 Antoine EPINAT.
Je vous parle de ce personnage car j'ai croisé son existence lors de mes recherches sur les demandes de passeport au consulat français de Tunis au XIXème siècle, dans la salle de lecture du CADN (Centre des Archives Diplomatiques de Nantes) dont j'ai déjà parlé sur ce blog...
J'ai donc retrouvé parmi des centaines de documents cet extrait du registre matricule de la 11ème Compagnie de la Garde Municipale de Paris. Il est très surprenant de découvrir cette archive à cet endroit, sachant que les Registres Matricules des habitants de Paris ne sont pas en ligne et sont difficiles à obtenir...
Cet extrait fut édité le 21 avril 1848 à Paris et copié le 27 juillet 1849 à Marseille
afin de fournir en Tunisie à notre sieur EPINAT un passeport le 02 juin 1852. Ouf !

"N° au registre matricule : 9061 le sieur Épinat Antoine
fils de Nicolas et de feue Catherine Bras domiciliés à St Just en Chevalet,
département de la Loire, né le 26 février 1819 à St Just en Chevalet,
canton du dit département de la Loire, taille d'un mètre 748 millimètres ; cheveux
et sourcils bruns, yeux gris, front ordinaire, nez épaté, bouche moyenne, menton
rond, visage ovale, marque une cicatrice au côté gauche du front
marié le... à... de... domicilié...
Détail des Services :
Entré en service au 4ème régiment d'inf[ante]rie légère
le 29 avril 1840 comme engagé volontaire
à la mairie du 3è arrondissement de Paris (Seine)
le dit jour. Caporal le 16 9bre /novembre 1840
Caporal de carabiniers le 11 janvier 1842
Sergent le 11 août 1843
Libérable le 29 avril 1847. Venu garde
à pied titulaire à la garde municipale de
Paris le 1er février 1846 par D[écisi]on
M[inistéri]elle du 24 janvier 1846
Licencié le 16 mars par Décret
du Gouvernement provisoire en date
du 25 février 1848.

Certifié véritable par nous, membre composant le conseil d'administration
A Paris le 21 aout 1848"

Au dos de ce document :

J'aime tomber sur ce type d'archives car on a une description physique très détaillée d'une personne née au tout début du XIXème siècle !
Surtout, cela nous apprend des informations sur qui était Antoine EPINAT comme le fait qu'il habitait un petit village de 2500 habitants (à l'époque, car il n'en compte plus que la moitié de nos jours), qu'il soit ensuite monté à Paris et qu'il s'engage volontairement à 21 ans dans la Garde Municipale !
Mais qu'est-ce que cette Garde Municipale de Paris ? C'est une unité chargée du maintien de l'ordre dans la capitale, créée sous l’Empire en 1802 et dissoute en 1812 à la suite du coup d’État de Malet contre Napoléon 1er. 
Fabien Cardoni, auteur de « La garde de Paris sous l’ère des transitions politiques », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest (http://abpo.revues.org/79), nous en apprend d'avantage :
"Cette mission, toute politique, l’amène à jouer différents rôles dans les processus de transition politique. Son statut, ses effectifs, son nom même sont régulièrement modifiés en fonction de l’évolution du contexte politique et des risques insurrectionnels."
Elle eut plusieurs dénominations :
-Garde municipale de Paris (1802-1813) 
-Gendarmerie impériale de Paris (1813-1814 et Cent Jours) 
-Garde royale de Paris (1814-1815) 
-Gendarmerie royale de Paris (1816-1830) 
-Garde municipale de Paris (1830-1848)  => période qui nous intéresse
-Garde républicaine parisienne (1848-1849) 
-Garde républicaine (1849-1852) 
-Garde de Paris (1852-1870) 
-Garde républicaine (1870-1940)
"
En ce qui nous concerne, on voit qu'Antoine EPINAT est licencié le 25 février 1848, soit le lendemain de la proclamation de la Seconde République par le gouvernement provisoire alors mis en place, mettant ainsi fin à la Monarchie de Juillet.

Lamartine devant l’Hôtel de Ville de Paris le 25 février 1848 refuse le drapeau rouge

Quelques membres du gouvernement provisoire.
De gauche à droite : Haut : Adolphe Crémieux – Louis-Antoine Garnier-Pagès – Armand Marrast. Bas : Ferdinand Flocon – Alexandre Martin – Pierre Marie de Saint-Georges
(illustration parue dans la revue Le Voleur littéraire)

Mais qu'est devenu Antoine EPINAT ? Une recherche très facile en mode Premium sur généanet me permet de trouver sa trace dans un arbre en ligne où on apprend qu'il s'est marié le 29 novembre 1857 à Tunis avec une ressortissante allemande nommée Wihelmine Frederika BEHEMBER, qu'il sera agent sanitaire de la Régence de Tunis, et qu'il mourra à Mahdia (au sud de Monastir en Tunisie) à l'âge vénérable de 95 ans en 1914, soit à la veille de la Première Guerre Mondiale ! Son épouse le rejoindra dans l'au-delà un an plus tard à l'âge de 90 ans !
De Saint-just-en-Chevalet en Tunisie en passant par Paris, tout en traversant la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second Empire et la IIIème République, que de chemins parcourus !

A demain pour la lettre " K " !
;-)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article